Publié le 11 Juin 2005




Montage d'après une photo de
Robert Doineau



Les derniers jours de classe, il ne manquait personne. Même les mauvais élèves étaient là. On évoquait les vacances passées, et on parlait de celles qui s'annonçaient…
C'étaient de beaux jours. On travaillait peu, les maîtres oubliaient de sonner la cloche, et l'après-midi était une longue récréation.
Il y avait bien encore quelques cours. Les rêveurs s'arrêtaient brusquement d'écrire, la plume en l'air, le regard perdu.
Si la maîtresse leur avait demandé où ils étaient, ils auraient avoué : " au bord de la mer ", " dans le clos de la Bellière ", " avec ma petite cousine à Paris "…
Sur mon cahier, plus brouillon que jamais, je dessinais des arbres ronds et touffus, des chiens comiques, des bonshommes aux mains griffues, des maisons cachées derrière des lauriers palme.

" O ces larges beaux jours dont les matins flamboient
La terre ardente et fier est plus superbe encor "

Les mots n'étaient donc pas que des mots, ils étaient plus vrais que la réalité. Singulière découverte !



Rédigé par Serge Passions

Publié dans #Livres - textes

Publié le 10 Juin 2005




Le temps, nuages et soleil, n'empêche pas les roses de fleurir. Hélène, je n'ai jamais vu tant de roses, ni tant de variétés. Il y a ici des roses d'exposition horticole. Plus on en coupe, plus elles fleurissent. Germaine, en partant ce matin, a emporté un bouquet tout humide, cueilli par moi à sept heure 1/2, rien que des roses, et des roses merveilleuses. Nous avons les luxueuses roses blanches, à reflets carnés, la jaune en arbre, qui sent la brune et le cigare, la pourpre-noire, la Néron parfaite; les haies qui bordent la route montante sont en Bengale... Je ne peux tout te dire ! Dans la bibliothèque, les trois bouquets que j'ai cueillis ce matin valent trois cent francs à Paris. Cela m' enivre et me désespère. Je ne les verrai jamais toutes !


Colette

Lettre à Hélène Picard
Printemps 1923


Rédigé par Serge Passions

Publié dans #Jardin - nature

Publié le 10 Juin 2005


Sans s'occuper du calendrier, l'été s'installa en avril.
Depuis longtemps, je ne prenais plus le car. Chaque jour, je flânais sur les chemins avec mon ami J.L.
Bien sur, il y avait encore des orages brusques, des coups de vent, mais nous n'y faisions plus attention.
D'ailleurs, nous n'avions jamais voulu connaître que deux saisons : la claire et tiède, la parfumée qui nous laissait légers et agiles, et la sombre, la venteuse, la froide, où nous traînions de lourds vêtements sous des cieux noirs et chargés.
Les routes sèches devenaient poudreuses, l'herbe poussait vers le ciel des tiges chargées de fleurs. Entre les pierres chaude, sous les traverses du chemin de fer, nous marchions sur les rails, funambules d'occasion. De petits lézards de bronze et d'argent fuyaient sous nos pas.
Nous courions à perdre haleine, sans savoir pourquoi. Nous lancions des pierres dans les champs, tendus comme des arcs. Nous aspirions à lancer des défis, à faire des choses impossibles… C'était l'été qui libère les corps et les esprits…

Rédigé par Serge Passions

Publié dans #Livres - textes

Publié le 9 Juin 2005

Il y avait deux écoles, l'une grise, celle d'hiver, l'autre ensoleillée, gaie, frémissante : l'école des jours longs et larges.
Dans un coin, accoté au mur, le directeur avait fait déposer un tas de sable.
Les petits en firent leur quartier général. Les grands s'y rendirent bientôt pour s'y battre, ou plutôt pour faire semblant : car le contact est le début de la sociabilité.
Qu'il était facile d'y simuler des morts héroïques !
D. annonçait :
" Attention, le saut de la mort !
-- Gare ! Le saut de l'ange : ".
Il y avait des torsions de bras, des jambes lancées à ras le sol qui fauchaient les copains, des pyramides humaines s'écroulaient.
L. montrait aux autres un truc épatant pour terrasser l'ennemi.
B. penché sur le mur, bousculait L. qui roulait à terre.
Les petits avaient bien du mal à préserver leurs châteaux de sable, que nous détruisions sans le faire exprès.
Le petit M. se plaignit, mais comme c'était son frère qui avait détruit sa belle forteresse à créneaux, il ravala ses larmes.
" je vais le dire à la maison…
-- essaie un peu, et tu verras ! ".
Sans rancune, le petit M. recommençait à bâtir le château de ses rêves.
" Cela l'endurci, dit son frère en riant ".
Car ces jeux formateurs n'étaient pas méchants…
Moi, je n'étais encore pas un grand, et plus un petit. Mais je ne montais pas encore sur le mur. Je savais qu'un jour, ce serait moi le grand…
En attendant, j'étais en bas, assis. Les grands nous dominaient, les pieds ballants, et semblaient dire :
" Voilà comment il faudra être, quand vous prendrez nos places et que nous n'y serons plus.

Rédigé par Serge Passions

Publié dans #Livres - textes

Publié le 9 Juin 2005




Odeurs des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !

La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.

Ô temps charmant des brumes douces,
Des gibiers,des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.

René-Guy Cadou.


 

Rédigé par Serge Passions

Publié dans #Livres - textes

Publié le 8 Juin 2005

Je suis de retour...
Après le limousin, les Limousines...
Vous attendez la photo d'une jolie fille ? Ou d'un beau garçon... Gagné !
Ces beaux yeux sont pour vous.



Ces fleurs des prairies limousines sont venues saluer le normand de passage...



Bons baisers du Limousin


Rédigé par Serge Passions

Publié dans #Jardin - nature

Publié le 8 Juin 2005

Vous aimez le mauve, le violet... les lupins d'Arsène, ou ceux de Harry Potter...
Ils sont toujours là, mais vont bientôt défleurir...
Devant eux, un Escalonia au rose agressif se donne en spectacle.



Escalonias et lupins

Rédigé par Serge Passions

Publié dans #Jardin - nature