Le temps passe

Publié le 14 Février 2005


Deux rebelles très différentes ?


Les héros des livres d'enfance vieillissent.
Ils deviennent adolescents, puis de jeunes adultes…

Mais rappelons d'abord qui étaient Claude et Claudine.

Claude, c'est la fillette garçon manqué, du Club des cinq. Qui veut tout faire comme un garçon, qui refuse son prénom de Claudine…
Et sa cousine se nomme Annie
Claudine est un personnage moins connu, de la série Malory School. Claudine arrive un jour dans l'école anglaise de " Malory School ". Parmi les petites anglaises sportives et disciplinées, elle semble être le vilain petit canard ! Libre, féminine, rebelle, on l'aime pourtant…


…et le temps passe !


A l'université " Clairbois ", des années plus tard…


" Annie, qui est cette fille ?
- quelle fille ?
- Cette fille qui a un air malin, là bas, qui n'a pas l'air timide du tout !
- Ah ! Claudine ? La française ? Je ne sais pas si elle te plaira beaucoup, murmura Annie !
- Et pourquoi ?
- Elle aime les jolis vêtements, elle déteste le sport, elle n'aime pas l'eau, elle...
- Une pimbêche ?
- Oh, non, s'écria Annie, pas du tout, tu te trompes, Claude !
- nous verrons..."


La cloche interrompit la conversation.
C'était le soir, les élèves gagnèrent leur dortoir.
Près de Claude, le lit inoccupé la veille était défait, et la jeune française s'installait !
Elle passait à cet instant une chemise de nuit légère, fine, jolie, un peu transparente, que le professeur de garde blâmerait certainement !
Claude regardait cela les yeux ronds.
Les autres filles étaient beaucoup moins joliment habillées, et Claude, elle, portait un pyjama comme les garçons.
Mais curieusement, Claude n'avait plus d'animosité contre cette fille qui avait un air sympathique.
A son grand étonnement !

"On parle un peu, dit la française ?
- Oh ! Ce n'est pas permis, dit Annie, qui avait son lit tout à côté !
- qu'est-ce que cela fait, répliqua Claudine, cela ne dérange personne ?
- Les autres veulent dormir, et puis c'est interdit !
- nous parlerons tout bas, dit Claudine avec un sourire angélique, en baissant les yeux."

Claude avait écouté ce petit discours avec joie !
"Bingo! murmura-t-elle !
- que dis-tu, demanda Annie ?
- je dis... rien ! Dors et tais-toi!"

Annie eut un petit sourire malin, se retourna, et s'endormit bientôt.


Après un instant, Claudine reprit tout bas :
" On dit que tu es un garçon manqué, une tête brûlée, est-ce possible ?
- On dit tant de choses, murmura Claude ! Je n'aime que l'action, et les filles ne peuvent rien faire ! Elles ont des tâches idiotes, moi, je veux nager, courir, travailler de mes mains comme un garçon...
- moi, répondit Claudine de sa voix douce, je n'aime pas le sport, j'aime le calme, je voudrais faire de belles choses, peindre, dessiner ...
- N'as-tu pas envie de sortir le soir sur la plage, de plonger dans la mer, de...
- Claude, si une amie m'y emmène gentiment, bras dessus, bras dessous ... Alors peut-être.
Mais je n'ai pas besoin de porter un short, ou un pull de marin, de m'habiller en garçon !
Je ferai glisser ma robe légère sur le sable , et tu m'emmèneras doucement dans l'eau ... "

Un silence rêveur s'installa.

- N'as-tu pas envie de porter de jolis vêtements, demanda Claudine ?
- je me sentirais déguisée, dit Claude. Mais je sens que je peux être belle dans mes vêtements de garçon ! oui, je le sens !"

Et c'était vrai que Claude était toujours propre, nette, et que ces vêtements étaient bien choisis.

-"un beau garçon, murmura Claudine."
Claude rougit dans le noir, et remercia la nuit qui la cachait.
Un sentiment étrange l'envahissait. Pour la première fois, elle avait pour une fille, une fille féminine, un attrait, un engouement ! Déjà, elle aimait Claudine, elle se sentait en confiance avec elle. Quelle aventure !

Claude voulut s'expliquer :

- Je veux crier, tempêter si cela me plait ! Je veux m'habiller comme le marin, le jardinier, si l'envie m'en prend ! Je suis une fille, oui ! Mais je veux me battre comme un garçon, me défendre ! dire des " gros mots", me salir si nécessaire !
Non, je ne veux pas être une statue d'albâtre, une " belle image " pour les enfants ! ni une vierge pure !
Non! Je suis Claude! Claude ! je veux vivre, connaître tout, essayer tout ! être une fille, une femme libre ! Libre !"

Claudine admira la colère, et ses yeux brillèrent plus fort. Elle admirait sa compagne, et sentait naître une complicité.

- Je veux être belle, simplement ! je veux le tissu léger et beau sur ma peau ! Je veux me promener nue, si le vêtement offense mon corps ! je veux faire ce qui me plait, caresser le bel animal, flatter le cheval, caresser le chien, toucher ta peau, Claude, si le désir m'en prend, aimer le garçon, la fille, aimer tout ce qui est beau, le paysage, l'œuvre d'art, la personne humaine... Je veux tout !"

Un long silence s'installa !
Il sembla aux deux jeunes filles qu'un bruit énorme avait envahi le dortoir.
Le deux amies, car elle étaient amies désormais, s'étaient rapprochées l'une de l'autre.

Claudine prit la main de Claude... Elle était chaude, enfiévrée. Elle y déposa un baiser.

Une larme coula sur la joue de Claude.
Elle avait toujours rejeté les signes de tendresse, qu'elle considérait comme de la sensiblerie.
Et voilà que pour la première fois, son cœur fondait, et qu'un sentiment nouveau la touchait.

Dans le dortoir endormi, le silence était total. Il semblait à Claude et à Claudine qu'elles étaient seules sur une île ...

"L'île de kernach", pensa Claude.

"Je t'emmènerai sur mon île, dit Claude. Tu l'aimeras ...
- Nous serons Claude et Claudine ! Je m'habillerai en marin, répondit la française !
- et je porterai une robe légère, une robe de rêve, je porterai des vêtements qui t'affoleront, murmura Claude. Crois-tu que nous sommes folles ?
- Je crois que nous sommes très différentes l'une de l'autre, et que nous nous plaisons, dit sagement la Française.
- Que va penser Annie, demain, Elle va deviner que j'ai changé ! pensa Claude tout haut !
- Chut ! dit Claudine en riant, tu vas toutes les réveiller ! ... Annie n'y verra que du feu! dit la jeune fille !
- Tu es sure ? J'ai l'impression que mes sentiments se lisent sur mon visage répondit Claude.
- Mais bien sur, cela se voit ! Alors Annie pensera qu'un grand bonheur t'a touché dans la nuit."

Claude fut prise d'un fou-rire .

"Il est si tard ! Nous devrions dormir, pensa-elle !"
Elle descendit de son lit, se pencha sur Claudine, et l'embrassa sur les lèvres.
Claudine ne dit pas un mot. Elle passa son bras autour du cou de sa compagne et l'enlaça.

Nul ne sut que le lit de Claude resta vide jusqu'au matin.



Rédigé par Serge Serge Passions

Publié dans #Livres - textes

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A
Bonsoir, Serge, il y a longtemps que j'aurais du vous répondre! Vous aviez répondu à cepremier commentaire, sur mon site à propos de cette fiction que vous aviez écrite. Je tenais à vous en remercier, fort tard, mais il vaut mieux tard que jamais. D'autre part, en cherchant des informations sur Enid Blyton et ses cinq héros, je suis tombée sur votre site s'y consavrant que vous mettez également en lien ici. Je l'ai trouvé complet et trés bien fait. Meilleurs voeux pour cette nouvelle année.Une inconditionnelle du Club des Cinq.
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M
Bonjour! Ce passage est de quel livre???? Un livre d'Enid Blyton?? Dites-moi vite! J'aime tellement ces personnages du Club des Cinq, moi aussi !! Merci d'avance, Laetitia.
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R
Coucou,
Liaisons dangereuses !

Roseline
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M
C'est de Violette Leduc, et ça se passe aussi dans un pensionnat.
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S
Je ne connais pas thèrese et Isabelle... Puisque nous parlons de couple de prénoms, j'ai lu "Blanche et Lucie"... Un autre roman !
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M
On pourrait presque penser à "Thérèse et Isabelle"...
Ton entête est très bien comme ça.
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