Fleurs d'école

Publié le 26 Janvier 2006




J'avais peut-être huit, neuf ans…
C'était à Saint-Planchers…. Notre petite maison, une ancienne grange, était fleurie en toutes saisons. Une double ligne d'œillets mignardise blancs bordait le chemin qui s'achevait sur une petite cours de terre battue. Côté route, quelques marches précédaient  une petite barrière métallique, qui grinçait.
Notre école, c'était celle d'Anctoville, petit village plus proche que le bourg de Saint-Planchers.
Nous sortions sur la route de Villedieu, route goudronnée, luisante, sur laquelle chantaient les pneus des rares voitures… Puis c'était une petite route gravillonnée, sinueuse, qui nous conduisait à l'école.
La maîtresse, mademoiselle Joseph, recevait presque chaque jour,  le printemps venu, des fleurs qu'apportaient les élèves.
Nous, nous apportions souvent nos œillets blancs si parfumés.
Mais l'envie de changer nous prit un jour, mon frère et moi.
Nous cueillîmes un gros, un très gros bouquet d'œillets blancs, et prîmes la route…
A mi-chemin, sur la nationale, habitait notre copine Françoise. Dans un coin de sa cours poussait un gros pied de pivoines roses…
Les fleurs étaient énormes, parfumées, opulentes…
Ce fut notre premier troc, notre premier échange…
Françoise demanda l'autorisation à ses parents, et nous échangeâmes les œillets contre une grosse pivoine et un bouton plein de promesse.

Il y avait toujours dans un vase, un verre, des fleurs qui ornaient le bureau de mademoiselle Joseph.




Rédigé par Serge Passions

Publié dans #Livres - textes

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K

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P
Votre souvenir que vous raconter si bien me renvoie des décennies en arrière.
Le bouquet pour la maîtresse! Quelle joie de lui offrir, qu'elle fierté.
Vous étiez de gentils garçons, quels beaux  et bons souvenirs.
Et ce parfum des oeillets et  pivoines!...
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