Henri Bosco - L'habitant de Sivergues

Publié le 21 Mars 2006



Je remercie ici Adjaya pour les deux photos... Ces photos du Luberon m'ont donné envie de parler du livre d'Henri Boco, "L'habitant de Sivergues".
Je ne sais si le Sivergue du blog d'Adjaya est le même que le Sivergues de Bosco...
Celui de Bosco a un "S" en plus...


EDIT : Il y a bien un "S" à Sivergues






Le narrateur, un enfant, nous dit au début du livre qu'il avait toujours vécu dans le Comtat, "grasse prairie coupée au couteau", mais qu'il était hanté par les collines proches, les Alpilles, la montagne de Barbentane.
Il fait connaissance avec le "petit berger", un vieil homme solitaire, qui dans ce pays gras, a construit une hutte de pierre, la hutte des bergers de la Haute-Provence.
Le vieux prend en amitié l'enfant. Il lui désigne la masse bleue à l'horizon :
"Oui, c'est la que je suis né, et dans la commune de Sivergue, encore. Il y a passablement de temps, par exemple... Quatre-vingt-cinq à quatre-vingt-six ans."

Sivergues, dans le mystérieux Luberon.
Mais Sivergues est un curieux village, le petit berger se confie, explique :
"Ceux qui l'ont bâti, on voit bien qu'ils n'ont pas fait exprès de monter si haut.
-- Et qui c'étaient, petit berger, ceux qui l'ont bâti ? ...
-- C'étaient des parpaillots, mon fils.

"Et puis pas un curé ! ... pas une église ! ...C'est comme ça chez eux... Alors, il est arrivé une vilaine guerre, on leur a fait des misères, beaucoup de misères..."


Puis le petit berger disparaît brusquement, des années passent.
Le narrateur a maintenant 15 ans.
Arrive un jour  un vieil homme, Martial, et sa femme, Gasparine, une petite vieille au profil d'oiseau, à l’œil inquiet.
Amis de la famille, ils ont subi des déconvenues, leur petit-fils, un mauvais garçon, a mal tourné... la maison est hypothéquée... il leur faut de l'argent...
Ils proposent a "Maître Jacques", le père du narrateur, d'acheter la maison.
Le bon Martial est humble, Gasparine sournoise...


Et voilà comment le narrateur se retrouve aller passer les vacances, au mois d'août, à "Gerbaut", c'est le nom de la maison.
A quelques kilomètres de Vaugines, en plein Luberon.
La maison est adossée aux collines, le Luberon, et toute sa force, est là, présent, puissant, mystérieux.
Un couloir de roches s'ouvre sur la colline... Le chemin de Sivergues, là, tout s'élève, il n'y a pas un homme !
La nuit oppressante, la nuit si noire qu'on y voit tant de chose, inquiète l'adolescent. Il devine un mystère.
Un drame aurait eu lieu là-bas, à Sivergues...
"Qu'est-ce qu'ils avaient fait, Gasparine, les habitants de Sivergues ?
--  ....on raconte qu'ils avaient fait du mal à la Mère de Dieu."
"Ici a vécu Jean Vincent" dit-elle encore".
Jean Vincent, le bras droit de Paul de Monbrun, le capitaine des protestants...

On devine au fil des pages que la maison abrite un secret.
Le calme et puissant Martial, la bonté même, fait pendant à la sournoise Gasparine...
L'adolescent se méfie de Gasparine, et s'il a une admiration sans borne pour Martial, dont la présence suffit à calmer les appréhensions, Il déteste de plus en plus cette femme qui semble tramer en secret des choses malhonnêtes.
On bouge beaucoup, sans grands mouvements, discrètement, à Gerbaut. Un mystérieux visiteur hante la nuit les abords de la maison.  Entre-t-il ?
Le garçon, inquiet, voit des ombres dans la maison, se retourne : personne !
Dans sa chambre, une immense armoire, solide, cadenassée, semble détenir un secret...
Gasparine la regarde avec un désir malsain depuis des années... Elle n'a jamais osé l'ouvrir, tant Martial l'impressionne.
Le garçon que tous ces mouvements inquiètent, décide de monter en secret à Sivergues.
La montagne est tranquille, étouffante, chargée des odeurs des plantes, de la pierre chaude. Il arrive à Sivergues. Le village est abandonné, désert, mystérieux. Brusquement, le garçon voit apparaître une ombre, sur le sol. L'ombre se déplaçe, et disparait.
Il y a quelqu'un à Sivergues.

Le garçon ne résiste pas à son désir... Cette armoire l'obsède : il finit par trouver la clé, et l'ouvre.
Il y a là une enveloppe avec de l'argent, un paquet ficelé dans une étoffe, (celui-là même que, quelques jours plus tôt, le garçon a vu dans les mains de Martial...)
Et un vieux cahier.
Ce cahier, rédigé par un curé, le curé Méritan, semble raconter un vieux drame.
L'adolescent à honte d'avoir violé l'armoire, c'est comme un sacrilège... et soudain, relevant les yeux, il s'aperçoit que la porte de sa chambre est ouverte, et qu'on le regarde... Une ombre, une silhouette...
Le garçon décide de retourner à Sivergues... Il y découvre un vieillard qui se meurt... Ce vieillard, c'est le "petit berger".
Je ne donnerai pas d'autres détails de cette aventure... car il faut laisser au lecteur découvrir les mystères et les secrets d'une histoire inquiétante et tragique.
Le garçon, choqué par les tristes événements qui se sont passés à Gerbaut et à Sivergues, sera longtemps malade... et ne découvrira toute la vérité que beaucoup plus tard.

C'est du vrai, du grand Bosco, du Bosco mystérieux, dont les héros sont pris dans leurs songes, voient l'invisible, se dédoublent...
On y découvre ce mystérieux Luberon, cette montagne magique, hantée, qui est le territoire littéraire d'Henri Bosco.


Photo Adjaya

Rédigé par Serge

Publié dans #Livres - textes

Commenter cet article

adjaya 22/03/2006 20:04

Je suis passé à sivergues ce soir et ai ajouté une photo du village sur mon blog, D'autres suivront, le temps de les publier!Amitiés..

Christian 22/03/2006 09:19

:0014:  Bonjour Serge de cet article j'apprécie la petite maison en pierre. Bonne journée . Amicalement.
Je t'écris "en aveugle" je ne sais pas si OB va confirmer ce commentaire. Canal-blog est plus fiable.

Briesing 22/03/2006 08:35

Bonjour,je n'ai que quelques photos des carrières d'argile...Bonne journée !

adjaya 22/03/2006 00:03

Je confirme, sivergues prend bien un « s », c’est moi qui ai fais une erreur ! C’est une région lourde d’histoire, déjà au temps de la préhistoire, de sombres histoires de religions aussi. C’était certainement une route commerciale, une voie de passage. On retrouve d’ailleurs à certains endroits les marques du passage des chars romains qui ont fini par créer des ornières dans la roche, tant le trafic devait être important.

rose 21/03/2006 20:46


Magnifique photos, Un petit coucou au passage sous la pluie, Bonne soirée .............rose