Approche de l'automne

Publié le 3 Octobre 2008



C'est une saison que j'aime...
L'automne est arrivé, me dit mon calendrier !
Mais cet automne a encore des relents de fin d'été...
Un orage, une pluie, un ciel gris, plombé... puis un chaud soleil, un peu trop doré...
Ce ne sont plus les fleurs qui donnent la couleur au paysage.
C'est le ciel, les arbres, le sol mouillé...
L'air est lourd et humide, doux. Comme je l'aime.










La glycine est fanée et morte est l'aubépine



La glycine est fanée et morte est l'aubépine ;
Mais voici la saison de la bruyère en fleur
Et par ce soir si calme et doux, le vent frôleur
T'apporte les parfums de la pauvre Campine.

Aime et respire-les, en songeant à son sort

Sa terre est nue et rêche et le vent y guerroie ;
La mare y fait ses trous, le sable en fait sa proie
Et le peu qu'on lui laisse, elle le donne encor.

En automne, jadis, nous avons vécu d'elle,

De sa plaine et ses bois, de sa pluie et son ciel,
Jusqu'en décembre où les anges de la Noël
Traversaient sa légende avec leurs grands coups d'aile.

Ton coeur s'y fit plus sûr, plus simple et plus humain ;

Nous y avons aimé les gens des vieux villages,
Et les femmes qui nous parlaient de leur grand âge
Et de rouets déchus qu'avaient usés leurs mains.

Notre calme maison dans la lande brumeuse

Etait claire aux regards et facile à l'accueil,
Son toit nous était cher et sa porte et son seuil
Et son âtre noirci par la tourbe fumeuse.

Quand la nuit étalait sa totale splendeur

Sur l'innombrable et pâle et vaste somnolence,
Nous y avons reçu des leçons du silence
Dont notre âme jamais n'a oublié l'ardeur.

A nous sentir plus seuls dans la plaine profonde

Les aubes et les soirs pénétraient plus en nous ;
Nos yeux étaient plus francs, nos coeurs étaient plus doux
Et remplis jusqu'aux bords de la ferveur du monde.

Nous trouvions le bonheur en ne l'exigeant pas,

La tristesse des jours même nous était bonne
Et le peu de soleil de cette fin d'automne
Nous charmait d'autant plus qu'il semblait faible et las.

La glycine est fanée, et morte est l'aubépine ;

Mais voici la saison de la bruyère en fleur.
Ressouviens-toi, ce soir, et laisse au vent frôleur
T'apporter les parfums de la pauvre Campine.



Émile VERHAEREN







Rédigé par Sergepassions

Publié dans #Jardin - nature

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Sylvie 13/10/2008 13:25

Les feuilles d'acanthe jaunes piquetées de marrons sont étrangement belles l'automne se pare d'une magnifique chevelure aux couleurs chatoyantes......

kylilu (celine) 11/10/2008 15:46

de belles photos et un tres joli poeme

lecracleur 10/10/2008 15:12

il est vrai que les annuelles n'aiment guère cette saison  ni leurs habitants, certains petits malins rentreront sous vérendas des plantes et s'apercevront bien vite que le sujet végétera, sauf peut etre les plantes rustiques

L@urence 07/10/2008 10:23

à l'heure où tout se fâne sauf toi ... je viens te souhaiter une bonne fête !gros bisous Serge et à bientot

Sergepassions 07/10/2008 10:26


C'est gentil  ! :-)
Déjà, les anniversaires, je ne les fête pas...
Alors les fêtes...


Les Baillerg' 04/10/2008 08:11

Moi aussi j'aime l'automne...Et ce poème est très joli...Bises