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Au moment ou va paraître une biographie de Paul-Jacques BONZON, par M. Yves Marion,

http://yvesmarion.over-blog.com/article-19132539.html

je souhaite aussi participer à cet hommage en vous livrant cet article présent sur mon site :

http://pagesperso-orange.fr/serge.passions/six_paul_jacques_bonzon.htm

site qui entretient le souvenir de l'auteur depuis plus de dix ans.

Chaque semaine, chaque mois, des amateurs discutent ses livres sur mon forum libre, ouvert

à tous :

http://livres-d-enfants.conceptbb.com/


Peut-être avez-vous appris le français dans l'un des livres scolaires de P.J. BONZON...

 


 

 

Ou lu l'un de ses romans...

 

 

 

 


 

 

  Et maintenant, place à l'article

 

 


Philippe Moya, alias Spéléo sur le forum "Livres d'enfants"

http://livres-d-enfants.conceptbb.com/  

était attendu par Chantal et Jacques Bonzon, à valence, ce mois de mai 2008.
Admirateur enthousiaste de l'oeuvre de Paul-Jacques Bonzon, il était aussi en quelque sorte notre ambassadeur...
Nous avions confié nos premières questions à Philippe... mais laissons le parler !

 ***

 

 

La maison de Paul-Jacques Bonzon

 

 

Compte rendu de ma visite chez Chantal et Jacques Bonzon à Valence.

 

 


Je suis devant son domicile, rue B., une magnifique porte de garage en bois sculpté de petits motifs où se promènent des animaux, un renard, 
une fouine ? La façade qui donne sur le nord n’est percée que de petites fenêtres rondes. Je sonne, Chantal tout sourire vient m’ouvrir, très chaleureuse, je me sens accueilli en ami. On m’attend avec plaisir. Jacques arrive main tendue, et tout de suite m’accueille, Philippe, avez vous trouvé facilement ? Moi je n’oserai pas l’appeler Jacques du moins pas encore.
Nous allons profiter des derniers moments de chaleur de la journée en nous installant sur la terrasse autour d’une table de jardin en bois peinte en blanc. Débarrassez-vous de tout votre attirail, ma pochette et mon appareil photo.
Mon papa se tenait parfois là à cette table, me dit Jacques pendant que je pose mes affaires sur le dossier d’une des chaises. C’est ici, dans cette maison, dans le bureau que je vous montrerai tout à l’heure qu’il a écrit tous ses 6C et qu’il est mort.
Nous parlons de choses et d’autres, très gentiment comme des amis de longue date.
Voulez-vous boire quelque chose ? un café ? oui je veux bien. Chantal se lève pour le préparer. Un bocal de croquants m’est proposé, je sors mes feuilles.
Vous savez me disent Chantal et Jacques, nous ne pourrons pas répondre à toutes vos questions, pour une simple raison, c’est que nous n’en connaissons pas nous même les réponses. A l’époque elles ne nous ont pas semblé importantes et maintenant nous ne pouvons que penser, qu’imaginer les raisons de tel ou tel choix, sans que jamais nous n’en ayons la certitude absolue.
Je les rassure, je pose les questions, s’il n’y a pas de réponse certaine, je passe à la suivante et c’est tout, nous ne sommes pas là pour un interrogatoire de police, mais juste pour faire revivre la mémoire de Paul Jacques Bonzon.
Chantal participe avec émotion à notre conversation, elle a noué des liens très forts avec Paul Jacques. Il venait la voir lors de sa promenade vespérale, ils parlaient beaucoup, elle lui préparait un goûter qu’il affectionnait.
Nous en arrivons donc aux questions entre coupées de réflexions d’ordre plus générales voire personnelles :
Les voyages : PJB n’a jamais voyagé dans les pays décrits, ses seuls déplacements furent à Londres, en Espagne (juste pour traverser la frontière), et vers la fin de sa vie l’Egypte, qui lui inspira son dernier livre des 6C le mystère des pyramides dont il a écrit trois chapitres.
PJB a possédé un chien mais ni Chantal ni Jacques ne l’ont connu, ensuite se furent uniquement des chats, d’ailleurs les deux chats actuels de la maison nous rendirent de petites visites pendant notre conversation. Le chien loup en photo est le chien des voisins, en effet ses admirateurs demandaient une photo avec Kafi, et donc grâce au chien loup des voisins la photo a pu être réalisée.
Les enfants savaient que lorsque leur père travaillait il ne fallait pas le déranger. Ils entendaient le bruit de la machine à écrire qui était le signe de ne pas faire de bruit à l’étage.
PJB ne parlait pas de ses romans, tout juste aux repas faisait-il une allusion du genre, là je ne sais pas comment je vais m’en sortir ! ! ! Il mettait ses héros dans des impasses et ensuite il cherchait une solution pour les en sortir.
Chaque chapitre devait se terminer par un point d’interrogation.
Les relations entre Hachette et PJB étaient celles qui existent entre le maître et l’élève, PJB mettait son costume pour monter à Paris deux fois par an. Il n’avait pas à donner son avis ni sur les illustrations ni les tirages, il envoyait ses manuscrits, et recevait plusieurs mois, voire un an après, un paquet par la Poste et découvrait son livre et les illustrations qui s’y trouvaient.
Par contrat il devait envoyer trois manuscrits par an à Hachette, ensuite il n’avait plus aucun contrôle sur ce que faisait l’éditeur, rythme de parution, illustrateurs, collections, tout cela était de la responsabilité de Hachette.
Il appréciait les dessins de Chazelle et Paulin, il ne su rien de la raison du changement. Il ne rencontra jamais ni l’un ni l’autre. Il découvrait les illustrations en recevant les livres par la Poste. Jacques me dit qu’il aimerait beaucoup les rencontrer s’ils vivent encore.
Hachette n’imposait pas de thèmes, PJB écrivait vraiment ce qu’il voulait. tout au plus a-t-on demandé de modifier certains mots (pilules remplacées par comprimés).
Delagrave (livres scolaires) lui, a pu refuser certains livres, demander des modifications importantes. Il a eu du mal avec Ahmed et Magali (PJB était en avance sur son temps).
Il n’était pas du tout intéressé par les revenus de ces livres, s’il consultait les chiffres de vente c’était surtout pour comprendre son lectorat, lorsqu’il prit des risques en interrompant les 6C pour écrire : soleil de mon Espagne, qui n’eut pas de succès ; il s’interrogeait sur les raisons de ce manque d’accueil.
D’où viennent les 6C ? apparemment il a démarré la série suite à un voyage à Lyon pour acheter un piano droit pour Isabelle. L’achat eut lieu près de la croix rousse, et se fit rapidement ce qui donna du temps libre pour visiter et découvrir les traboules et ce quartier si pittoresque, c’est sans doute de là que lui est venue l’idée des compagnons de la croix rousse, ensuite le succès très important que reçu ce livre l’incite à continuer leurs aventures. (il a écrit le premier 6C en 61 et le second en 63)
Il travaillait principalement pour le plaisir, il lui fallait écrire, écrire pour les enfants ne rapportait pas grand chose en tout cas pas assez pour que cela soit une motivation suffisante.
Quel regard portait-il sur les autres séries pour enfants : il disait que ses petits héros devaient se débrouiller par eux même pour résoudre les énigmes et les problèmes qu’ils rencontraient. Alice par exemple étant fille d’avocat a trop de facilité pour résoudre ses mystères.
C’est pourquoi dans sa famille HLM, il a choisi de les faire habiter dans une HLM, il décrit la vie simple de gens simple, honnêtes et travailleurs.
Il a rencontré deux ou trois fois Georges Bayard, ils se connaissaient sans plus. Georges Bayard a assisté à l’enterrement de PJB sur le siège à côté de Jacques.
Comment travaillait-il ? surtout le matin, il commençait avant de petit déjeuner, puis encore après, et allait travailler. A la retraite il a continué sur ce rythme, il faisait une sieste sur son canapé dans son bureau et faisait sa promenade. Il lui est arrivé de traverser Valence sous son parapluie par grand soleil parce qu’il pleuvait dans son roman.
Il écrivait deux pages par jours, c’est le rythme qu’il s’était fixé. Tout d’abord les notes sur des petits bouts de papier, ensuite un premier jet à la main sur cahiers d’écoliers, et version définitive à la machine à écrire, une centaine de feuilles formaient un livre.
Les personnages : seul le Tondu a existé, les autres étaient des synthèses de petits garçons rencontrés ici ou là de ses élèves, de ses enfants, il a incorporé Mady pour toucher également les filles même si personnellement il avait quelque mal a communiquer avec les filles.
Il a ensuite trouvé qu’il était trop difficile d’écrire avec tant de personnages et a éliminé Corget, éliminer le chef était plus facile parce qu’il était le moins typé de tous les personnages, ensuite Tidou n’a plus été narrateur pour donner du peps à ses écrits.
Les aventures se déroulent dans la vallée du Rhône et à côté car il y vivait ensuite au grès des vacances et déplacements (ses enfants grandissent et il désire leur montrer le monde), il écrit sur Bourg en Bresse (l’adresse des bandits dans la Citadelle est leur adresse de vacances), Londres ou il se rend avec ses enfants etc…
L’aventure chez les piroguiers a surpris Jacques car il n’a jamais été en Afrique noire ni de près ni de loin.
Le tour de France : PJB aimait cette épreuve sportive, chaque année en vacances en haute Savoie ils allaitent voir une étape du tour.
Ils se rendent à Albi où Mathieu Carrière tourne l’éventail de Séville, pendant ce tournage meurt René Louis Laforgue qui avait un rôle dans le film. Ce sera une des premières séries télévisée en couleur de la télé française. Sur la 2 qui était en couleur la 1 restant en noir et blanc pendant quelques temps.
Si les 6C existaient encore aujourd’hui, il n’y aurait pas de mal à ce que Tidou aie un téléphone portable, mais il aurait travaillé pour se l’acheter et payer son abonnement. PJB était intéressé par les progrès techniques, la science et les gadgets qui arrivaient sur le marché, il aimait les nouveautés et aurait certainement permis à ses petits personnages de s’y intéresser aussi.
Vers la fin, pendant 10 ans il est veuf, cela lui cause une peine immense, sa production s’en ressent, de plus la série commence à le lasser. Il écrit des « one shot » pour se changer les idées. Il tente même un roman pour adulte, qu’il ne propose pas à un éditeur, car le résultat ne le satisfait pas.
Il meurt dans son bureau allongé sur son canapé. Il a à ce moment là, écrit trois chapitres de la dernière aventure des 6C qui d’après ses enfants est une des plus réussie, Chantal l’a terminé. Jacques monte au grenier et me montre le roman tapé à la machine, je tremble d’émotion, un inédit jamais publié….. Nous le feuilletons ensemble, je lis quelques lignes, çà fait drôle.
Je vous le ferais lire, lorsque je l’aurai retapé me dit Chantal, vous me donnerez votre avis.
Je suis à la fois heureux et sur les charbons ardents. Vite ! que cela se fasse vite ! ! !
Nous montons au premier visiter le bureau. Tout est quasiment comme du temps de Papa, me dit Jacques. Seuls changements l’aquarium dans un coin et le Mc Intosh sur le bureau, même la climatisation est de l’époque de mon père qui en bon Normand aimait la fraîcheur.
Je suis invité à m’asseoir sur le fauteuil de PJB, Chantal prend la photo.

 

Philippe assis au bureau de Paul-Jacques Bonzon

 


Cela fait maintenant deux heures que je suis ici et le temps a passé trop vite. Je dois prendre congé de mes hôtes, nous nous promettons de nous revoir, la lecture du dernier 6C est une promesse qui va tenir mon attention jusqu’à ce que cela se réalise.
Chantal me confie son grand souhait, que l’œuvre de son beau père soit préservée, elle aimerait réaliser un cercle, une fondation des amis de Paul Jacques Bonzon, que toute son œuvre puisse être préservée tout en restant accessibles aux gens. Elle aimerait également voir réaliser en animation l’un des romans « one shot » : demandez à vos amis blogueurs lequel de ses romans leur semble le plus adapté à cela. Cela me chagrine d’imaginer que Simitra est diffusé en ce moment sous forme de Manga au Japon. Qu’ont du devenir les petits personnages de mon beau père ?

 

Par Sergepassions - Publié dans : Livres - textes
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J'aime les auteurs qui jouent avec le langage.
Je me régale quand les donneurs de leçons de français sont outrés !
J'aime le beau langage fleuri.
Ainsi, Frédéric Dard...
Son mariage, (dans la bouche de Beru) du verbe accumuler et du verbe amonceler donne le savoureux accumonceler...
Je l'emploie fréquemment, et je souris quand on me reprend : "ce verbe n'existe pas !"...
C'est pourtant plein de nuances.
Accumuler, c'est avoir en grande quantité, mais avoir petit à petit...
On peut accumuler, et cela peut être bien rangé.
Amonceler, c'est un peu la même chose, mais il y a la notion de "monceau", de monticule, cela évoque un tas...
Il y a juste la place pour accumonceler entre les deux.
Et avec Hervé Bazin...
Quand le jeune Brasse-Bouillon regarde sa mère, la cruelle Folcoche, (Folle Cochonne) avec un regard d'une fixité, d'une intensité terrible !
D'une intensité aussi dur que le regard d'un pistolet... (Il appelle cela "la pistolétade")...
Et il dit, (je cite de mémoire):
"je te pistolette à mort, Folcoche"...

Juste deux exemples...
Mais si vous voulez partager votre "langage fleuri" dans les commentaires, bienvenue !

 

 

Par Sergepassions - Publié dans : Livres - textes
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Hormis les cousines, les vacances d'été étaient dépourvue de filles. Et même en ville, nous étions des garçons sans beaucoup de copains, des enfants qui sortaient peu.
Nous avions bien des copains d'école, des copains de cité, (la vieille cité campagnarde, avec ses lavoirs, posée au bord des bois)... mais personne ne venait jouer avec nous à la maison.
Et les filles, nous n'en connaissions pas.

Cet été à, il y avait de nouveaux voisins, dans la grande maison du village Piel, le hameau des vacances...
Un couple, avec une fille.
On l'avait vue. Mignonne, le polo bleu, le petit short blanc... les cheveux courts...
Dans le bout du chemin qui s'élargissait, devant les grilles des maisons du hameau, elle faisait sauter un ballon, solitaire...
Nous passâmes une fois devant elle, sans lui parler, mais en la regardant discrètement...
Nous partions pour nos jeux sauvages, de garçons mi de la ville, mi de la campagne.
On en parla à la maison de l'oncle, le midi.
Des "parisiens", et leur fille.
Une copine pour jouer ?
Les parents, l'oncle et la tante pensaient que peut-être nos jeux ne lui conviendraient pas...
Elle ne devait pas courir les champs et les fossés ! Ni se salir, ni grimper aux arbres...
Le lendemain, elle jouait toujours au ballon. Il lui échappa !
(dans ces cas là, les ballons échappent toujours aux filles)...
Il était arrivé dans nos pieds. Difficile de l'ignorer. Malgré notre grande timidité, le ballon fut renvoyé,
et salué d'un :
"Merci, je ne sais pas pourquoi, mais il y a une "attire" dans le fossé ?
Nous nous regardâmes...
"Une quoi ?"
--Une attire, un aimant, le ballon y est toujours attiré !
Elle parlait un étrange langage. Nous en déduisîmes que c'était du "parisien"... et qu'elle parlait « bizarre. »
On échangea des mots...
--Tu t'appelles comment ?
--d'où venez-vous ?
--Qu'est-ce que vous faites ?
La glace était rompue.
On se promena le long des chemins, devisant gentiment. Elle découvrait les noms des fleurs, des bêtes. Le Caille-Lait, ou Gaillet, qui envahit les fossés, la Grande Patience, le Brome mou, l'Ivraie, toutes les herbes qui font la richesse du foin.
J'ai oublié son prénom... Je l'appellerai Claude, (car je lisais le Club des cinq) et je la trouvais jolie...
On se voyait de temps en temps, peu, car elle sortait avec ses parents...
Nous, nous quittions rarement le village Piel.
Les parents disaient encore que nos jeux n'étaient peut-être pas des jeux de fille, surtout de petite parisienne.
Mais parfois, les filles aiment le changement.
Une radieuse journée de juillet, nous décidâmes de l'emmener à la chasse aux papillons...
Chasse pas dangereuse, du moins pour le chasseur.
C'était le bon temps ou les pesticides n'avaient pas ravagé la nature. Les papillons pullulaient, et surtout les blancs, les Piérides...
Claude nous suivait, jolie... les grandes herbes du fossé lui allaient bien, elle cueillait des fleurs, les abandonnait, elle tressaillait lorsqu'une "bête" courait dans les herbes...
Nous allions vers un champ d'herbe haute, connu de nous, au-dessus d'un petit bois.
Là des dizaines de papillons volaient d'une fleur à l'autre, se suivaient par deux...
Les Piérides, les Azurés d'un bleu céleste, les Vanesses somptueuses...
"Voilà, dis-je en étendant le bras d'un air de propriétaire, voilà le champ aux papillons"...
Quelles courses folles ! Nous n'avions que des branchages feuillus pour attraper les papillons...

Mais une petite musique  chantait dans mon cœur, car plus que les papillons, Claude était jolie, ses jambes dansaient dans les herbes, les marguerites, les coquelicots...
Ses cheveux s'ornaient d'herbes, de fleurs arrachées.
C'était une Sylve sauvage, au bord des bois ou devaient sommeiller les satyres des contes.
Je rêvais d'une nymphe allongée dans les herbes, comme tombée, couronnée de fleurs, endormie, que je caressais du regard...

 



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Par Sergepassions - Publié dans : Livres - textes
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