Jardin en automne
Publié le 5 Novembre 2007
Pas besoin d'aller très loin pour admirer les couleurs de l'automne.
Au jardin, je devrais dire au terrain, car tout n'est pas cultivé, il y a de beaux arbres qui s'en donnent à coeur-joie.
La colline proche prend aussi de belles couleurs, et le hêtre de la voisine orne la haie de ses flammes jaunes et mordorées.
L'herbe est humide sous le pied, des champignons inconnus décorent le gazon trop haut.
Les pommes tombent sur le sol, et font un bruit mat.
Le vent, à chaque ventée, arrache mille feuilles aux arbres.
Des cheminées, sur les toits rouges, sur les toits gris, monte une fumée bleue.


L'Automne qui descend les collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre coeur ;
Et voici que s'afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées.
Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos
S'est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
Et le linge blanc claque, éperdu, dans l'enclos.
Le jardin nu sourit comme une face aimée
Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
Seul, le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien
Monte, mélancolique, à la vitre fermée.
Extrait : Albert Samain
Le poème complet
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre coeur ;
Et voici que s'afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées.
Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos
S'est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
Et le linge blanc claque, éperdu, dans l'enclos.
Le jardin nu sourit comme une face aimée
Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
Seul, le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien
Monte, mélancolique, à la vitre fermée.
Extrait : Albert Samain
Le poème complet

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