Chemins d'été
Publié le 12 Mars 2005

C'est la vraie route de mon école des années 56 - 60
Image noir et blanc colorisée
Je revois les routes d'été.
Les fossés étaient envahis d'herbes hautes, si hautes que nous pouvions disparaître dedans. Dans les champs, parmi les herbes, il y avait le bleuet et le coquelicot.
Parfois, allongés, nous rampions comme des indiens des plaines.
C'était avant l'école, et les plus malins s'échappaient discrètement, abandonnant les autres qui arrivaient en retard.
Que de parties de cache-cache, que de batailles qui finissaient dans le foin.
Allongés sur le dos, immobiles, la tête posée sur l'herbe, nous regardions les épis et les fleurs qui s'élançaient dans le ciel, et tout là-haut, l'azur qui nous grisait.
Dans nos manches, nous glissions cette graminée, qui ressemblait à de l'orge, et qui grimpait toute seule le long de notre bras et qui nous grattait
Il fallait bien balancer les bras
Les filles cueillaient des bouquets qu'elles abandonnaient plus loin pour de plus beaux.
La chaleur nous accablait, nous étions vêtus de culottes courtes *, de chemisettes. Les filles étaient légères dans leurs robes fleuries. Le soleil nous faisait des clins d'il à travers les branches, et nous baissions les yeux.
Noyée de soleil, Mademoiselle, dans sa blouse bleue, appuyée au mur, nous attendait.
L'école était comme écrasée. Les lauriers-palme se dressaient, brillants, impassibles dans l'air immobile.
Les filles chantaient :
Nous n'irons plus au bois
Les lauriers sont coupés
La belle que voilà
Ira les ramasser.
* Les culottes courtes qui n'ont pas cessé, au fil des ans, d'être vraiment courtes, ou... plutôt longues...Les lauriers sont coupés
La belle que voilà
Ira les ramasser.
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