Ruisseau
Publié le 26 Mars 2005
Dans mon pays d'enfance coule un ruisseau. Calme, clair, il fait son chemin, contourne paisiblement les obstacles, tombe en petite chute pour rire.
Il glougloute, glisse dans un bruit mouillé indéfinissable. Pas à pas, je le suis.
Il quitte le bord de la route, descend un peu, longe un chemin de terre, tombe dans un trou !
C'est le lavoir.
La femme des champs lave son linge. Les draps se gonflent, font le gros dos, se noient, ruissellent.
La femme bat son linge comme un enfant pas sage.
Le ruisseau s'en amuse, puis repart, là-bas, dans les champs ravinés par les pieds des vaches.
De ces lavoirs, il en reste encore, mais beaucoup sont abandonnés. Ils se sont couverts de lentilles d'eau, et on les a oubliés. Seules des grenouilles y vivent encore.
Parfois, il y a des trous sombres qui font peur. Il y aurait des fosses ayant englouti des chevaux ! Il y aurait des monstres, des bêtes malfaisantes
Légende ! Superstition !
Nous évitions ces trous noirs à la mauvaise réputation. Les enfants passaient au large. Les vieux se revoyaient, enfants, y jetant des pierres pour " tuer la bête ".
Il y avait aussi des puits ou des gens s'étaient noyés, ou la corde n'avait jamais pu atteindre le fond, qu'on avait jamais pu sonder.
Endroits mystérieux redoutés depuis des générations.
Publicité