Le "garni"
Publié le 13 Avril 2005
Quand nous revînmes à Cherbourg, nous habitâmes un garni.
Nous vivions dans les meuble des autres. Nos meubles, à nous, étaient serrés dans une pièce étroite nommée " garde-meuble ".
Deux fenêtres donnaient sur la rue, deux autres sur une petite cours coincée entre deux immeubles. Elle était en fait minuscule, et il n'y poussait que deux fusains malingres et des fleurs effeuillées, pâles. C'est là que nous jouions en rentrant de l'école, car la rue nous était interdite.
Au dessus de nous habitait une famille de méridionaux.
Avé l' assent !
Jamais je n'ai vu le père de famille, seulement le garçon et sa mère. La mère, chaque midi, posait sur le rebord de la fenêtre un autocuiseur, qui sifflait pendant de longues minutes.
Le fils était notre ami.
Souvent, il descendait dans la cours jouer avec nous.
Il s'appelait Jacques, avait une tête ronde avec de bonne joue, des tache de rousseur discrètes, et des cheveux châtains. Le matin, avant de partir à l'école, il me disait :
" Alors, tu vieng ? "
Son seul défaut, c'était, lorsqu'il était en colère, de cracher dans votre direction. Ce qui arrivait parfois quand je riais de son accent.
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