Le vent, la pluie
Publié le 7 Février 2005
Je vais vous étonner : j'aime la pluie et le vent !
Le vent, pas la bise ou la brise. Le vent.
Le grand vent qui giffle les visages, les burine, jette les cheveux des arbres dans tous les sens...
Celui qui couche les cîmes et nous découvre le dessous des feuilles. Le vent d'automne mouillé, presque liquide, qui coule avec vigueur entre les maisons qui courbent le dos. Celui qui mène, emmène les feuilles perdues. Celui qui ride les mares boueuses privées des reflets du ciel.
Le vent profond venu de loin qui court sur la terre humide et pousse devant lui son front de géant.
Et la pluie !
Pas le crachin, l'averse, non ! la pluie longue et monotone. La pluie nombreuse qui change le paysage, estompe les coteaux, change les verts en gris. La même qui comble les fossés, invente les ruisseaux. Celle dont les poules de la basse-cours n'attendent pas la fin pour sortir.
Le vent de pluie, la pluie et le vent, qui tombent, roulent sur la campagne, ouvrent des rideaux de clarté aussitôt refermés, abaissent des tenture sombres, font d'une journée dix tableaux jamais achevés, aussitôt effacés...
Serge
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