Chemin estival
Publié le 10 Juin 2005
Sans s'occuper du calendrier, l'été s'installa en avril.
Depuis longtemps, je ne prenais plus le car. Chaque jour, je flânais sur les chemins avec mon ami J.L.
Bien sur, il y avait encore des orages brusques, des coups de vent, mais nous n'y faisions plus attention.
D'ailleurs, nous n'avions jamais voulu connaître que deux saisons : la claire et tiède, la parfumée qui nous laissait légers et agiles, et la sombre, la venteuse, la froide, où nous traînions de lourds vêtements sous des cieux noirs et chargés.
Les routes sèches devenaient poudreuses, l'herbe poussait vers le ciel des tiges chargées de fleurs. Entre les pierres chaude, sous les traverses du chemin de fer, nous marchions sur les rails, funambules d'occasion. De petits lézards de bronze et d'argent fuyaient sous nos pas.
Nous courions à perdre haleine, sans savoir pourquoi. Nous lancions des pierres dans les champs, tendus comme des arcs. Nous aspirions à lancer des défis, à faire des choses impossibles C'était l'été qui libère les corps et les esprits
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