O ces larges beaux jours...
Publié le 11 Juin 2005

Montage d'après une photo de
Robert Doineau
Les derniers jours de classe, il ne manquait personne. Même les mauvais élèves étaient là. On évoquait les vacances passées, et on parlait de celles qui s'annonçaient
C'étaient de beaux jours. On travaillait peu, les maîtres oubliaient de sonner la cloche, et l'après-midi était une longue récréation.
Il y avait bien encore quelques cours. Les rêveurs s'arrêtaient brusquement d'écrire, la plume en l'air, le regard perdu.
Si la maîtresse leur avait demandé où ils étaient, ils auraient avoué : " au bord de la mer ", " dans le clos de la Bellière ", " avec ma petite cousine à Paris "
Sur mon cahier, plus brouillon que jamais, je dessinais des arbres ronds et touffus, des chiens comiques, des bonshommes aux mains griffues, des maisons cachées derrière des lauriers palme.
" O ces larges beaux jours dont les matins flamboient
La terre ardente et fier est plus superbe encor "
La terre ardente et fier est plus superbe encor "
Les mots n'étaient donc pas que des mots, ils étaient plus vrais que la réalité. Singulière découverte !
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