Mercredi 7 mai 2008
par Sergepassions
L'une des plus humbles parmi les humbles, la paquerette fleurit les pelouses, l'herbe des chemins et des champs.
Allongé dans la prairie, à sa hauteur, la tête tournée vers le ciel, nous la découvrons dans toute sa splendeur, tel un être minuscule perdu dans une jungle fleurie
Camélia et Pâquerette
On admire les fleurs de serre
Qui loin de leur soleil natal,
Comme des joyaux mis sous verre,
Brillent sous un ciel de cristal.
Sans que les brises les effleurent
De leurs baisers mystérieux,
Elles naissent, vivent et meurent
Devant le regard curieux.
A l'abri de murs diaphanes,
De leur sein ouvrant le trésor,
Comme de belles courtisanes,
Elles se vendent à prix d'or.
La porcelaine de la Chine
Les reçoit par groupes coquets,
Ou quelque main gantée et fine
Au bal les balance en bouquets.
Mais souvent parmi l'herbe verte,
Fuyant les yeux, fuyant les doigts,
De silence et d'ombre couverte,
Une fleur vit au fond des bois.
Un papillon blanc qui voltige,
Un coup d'oeil au hasard jeté,
Vous fait surprendre sur sa tige
La fleur dans sa simplicité.
Belle de sa parure agreste
S'épanouissant au ciel bleu,
Et versant son parfum modeste
Pour la solitude et pour Dieu.
Sans toucher à son pur calice
Qu'agite un frisson de pudeur,
Vous respirez avec délice
Son âme dans sa fraîche odeur.
Et tulipes au port superbe,
Camélias si chers payés,
Pour la petite fleur sous l'herbe
En un instant, sont oubliés !
Théophile GAUTIER
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Jardin - nature
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Vendredi 25 avril 2008
par Sergepassions
J'aime les auteurs qui jouent avec le langage.
Je me régale quand les donneurs de leçons de français sont outrés !
J'aime le beau langage fleuri.
Ainsi, Frédéric Dard...
Son mariage, (dans la bouche de Beru) du verbe accumuler et du verbe amonceler donne le savoureux accumonceler...
Je l'emploie fréquemment, et je souris quand on me reprend : "ce verbe n'existe pas !"...
C'est pourtant plein de nuances.
Accumuler, c'est avoir en grande quantité, mais avoir petit à petit...
On peut accumuler, et cela peut être bien rangé.
Amonceler, c'est un peu la même chose, mais il y a la notion de "monceau", de monticule, cela évoque un tas...
Il y a juste la place pour accumonceler entre les deux.
Et avec Hervé Bazin...
Quand le jeune Brasse-Bouillon regarde sa mère, la cruelle Folcoche, (Folle Cochonne) avec un regard d'une fixité, d'une intensité terrible !
D'une intensité aussi dur que le regard d'un pistolet... (Il appelle cela "la pistolétade")...
Et il dit, (je cite de mémoire):
"je te pistolette à mort, Folcoche"...
Juste deux exemples...
Mais si vous voulez partager votre "langage fleuri" dans les commentaires, bienvenue !
publié dans :
Livres - textes
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Mercredi 23 avril 2008
par Sergepassions
Le printemps s'éveille au vallon sauvage.
A l'ombre des arbres, dans les pentes, ces plantes qui s'illuminent au moindre rayon de soleil sont des euphorbes.
Leurs coupelles dressées, emplies de grelots, sont comme les clochettes des sylves des bois...
Leur couleur d'un vert jaune, anisé, invite a la légèreté, et les dryades les secouent pour nous attirer...
L'herbe verte est tentente, le soleil caressant...
Une Dryade
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dryades
Je suis si transporté d'aise et d'étonnement
Je suis si transporté d'aise et d'étonnement
Quand j'entre dans ces bois, les loges éternelles
De Pan et des Sylvains et des Dryades belles,
Qu'oubliant qui je suis, je perds le sentiment.
Puis lorsque je reviens d'un tel ravissement,
Plein d'admiration, par des sentes nouvelles,
Tout ému, je m'égare où mes pensées fidèles
Et mes désirs aimés me mènent doucement.
Je contemple ébahi les pointes verdissantes
De ces bois ombrageux et leurs branches pendantes,
Je me plais dans l'horreur de ces déserts plaisants.
Si mon Soleil luisait toujours dans ces contrées,
Pan, Dryades, Sylvains, par ces ombres sacrées,
Je jure qu'en ces bois je passerais mes ans.
Isaac HABERT
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Jardin - nature
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